Votre navigateur n'est pas à jour.

Veuillez télécharger la version actualisée pour visualiser le site avec toutes ses fonctionnalités.

Merci

Gilles Desrozier

Habiller la réalité...

Gilles Desrozier

Biographie

J’ai toujours voulu avoir une vie parallèle. D’un coté ma vie d’artiste : libre de mes choix, de mes envies. De l’autre, ma vie professionnelle m’assurant une relative autarcie financière. Dès mon plus jeune âge, passionné par l’image, je savais que j’allais devoir construire « mes vies » autour de cet axe. Je suis un artiste photographe qui s’est toujours formé, par le travail, à toutes les techniques de l’image. Je peux dire que j’ai travaillé dans de nombreux domaines liés à la photographie : l’imprimerie, la fabrication, la photogravure, le journalisme… Ces métiers ont assuré et assurent encore mon indépendance. Sur le plan artistique, j’ai toujours été très bien entouré. Mon père était photographe, ma mère peint. J’ai eu un beau-père peintre puis un autre qui est écrivain… J’ai baigné dans un univers artistique dès ma plus tendre enfance… Ainsi, j’ai su rapidement deux choses essentielles pour envisager de construire un monde : avoir beaucoup d’humilité et ne rien devoir (financièrement) à personne.

Sujet

À sept ans, comme tous les enfants, il joue à la guerre… Il a beaucoup d’imagination. La mitrailleuse est avantageusement remplacée par un pied photographique ; la barque utilisée pour traverser la rivière infestée de crocodiles, c’est la grande cuvette du bain d’arrêt… Il va beaucoup au cinéma et, après le film, inlassablement, rejoue l’histoire. Le soir, avant de s’endormir, il regarde sa collection de cartes postales scotchées au mur près de son lit, reproductions de grands peintres (surtout les impressionnistes). Il observe aussi les tâches du plafond, les imperfections du papier peint et voit des monstres, des visages étranges, des animaux… Il n’aime pas l’école car on y apprend à lire et lui, il veut continuer à s’inventer des histoires sur les planches de ses bandes dessinées préférées. Il commence à toucher à cet objet intrigant. C’est une boîte qui permet de fabriquer une image… À vingt ans, comme beaucoup d’adolescents de son âge, il est révolté. Il sait que : ce n’est pas la télévision qui sauvera les gens, c’est la philosophie ! Ce ne sont pas nos politiciens qui nous aideront, c’est la poésie ! Il faut rêver, casser toute forme de panoptisme. Relire Tarkovski et refaire le monde ! Réapprendre l’allégorie de la caverne et nous reprendre en main ! Courir après le « cheval mouvement » ! Écouter du vrai rock… Cet objet est devenu un compagnon. Il peut tout lui montrer. C’est avec cet appareil photo qu’il compte faire sa vie… À quarante ans, au contraire de ses congénères, il sait que la meilleure façon de fuir la conjuration des imbéciles, c’est de fabriquer « son décor ». Il aime partir, revenir avec des images comme un pêcheur le fait avec le poisson. La photographie l’aide à sortir de sa condition. C’est une façon d’ouvrir des portes dans la réalité qui nous enferme. Il plaque ses décors dans des « pièces ». Il fabrique des scènes de théâtre ; une manière d’habiller la réalité… Il ne sait plus très bien si la « pièce » est la « chambre » ou si la « chambre » est l’appareil photo. En revanche, il connaît l’exigence de son art et aime la discipline qu’il lui impose. Il aime tisser des liens avec « ses frères ». Entre autre : les cinéastes Ingmar Bergman et Andreï Tarkovski dont l’apparente austérité révèle des trésors lyriques inouïs. Gilles Deleuze et sa façon de vous transporter dans l’esprit « technicolor ». Jérôme Bosh qui transforme la banale réalité en sublime proverbe universel. Également d’autres individus, inconnus, oubliés, que vous rencontrez l’espace d’un court moment et qui influencent tout le cours de votre vie.